Articles
À venir : la construction d’une relation amoureuse

La parentalité

Le trouble du TDAH

Le maintien d'une relation amoureuse
 
Présentation


Bonjour lectrice et lecteur,

Nous vous invitons trimestriellement à lire nos rubriques sur divers sujets dans lesquelles nous nous compromettrons en risquant d’étaler nos valeurs, croyances et principes de nos évaluations et de nos interventions auprès des individus, des couples, des familles et des systèmes organisationnels. Nous sommes une équipe de professionnels (psychoéducateur, psychologue, neuropsychologue, ergothérapeute, thérapeute conjugal & familial et aide pédagogique en douance) qui offrent leurs expertises auprès de la population dans divers domaines.

Le maintien d'une relation amoureuse


Aimer n’est pas projeter sa vérité extérieure sur l’autre, ne le voir que selon notre regard,  c’est au contraire nous laisser envahir par son identité la plus intime au point d’en pressentir les possibles devenirs.

Un couple c’est deux êtres humains qui se racontent qu’ils sont un couple.  Ils vont se raconter que leur rencontre n’était pas fortuite ou que le hasard a voulu qu’ayant tant de choses en commun, ils se sont rencontrés.  Le destin, c’est l’invention à posteriori que tel événement était prédéterminé, inévitable et c’eût été une transgression que de le refuser ou de s’y opposer. Souvent le « choix » du partenaire, revient à se décider entre deux spécimens, rarement plus, qui proviennent en général du même échantillonnage social. (homogamie). De plus, ce « choix » se résume à une rencontre liée au pur hasard des disponibilités et des dispositions d’esprit. Autant dire que ce n’est pas un « choix ».

On projete beaucoup de choses sur l’autre: on est son père, sa mère, sa grand-mère, son frère, sa soeur etc. Eric Berne à déjà dit:”On se marie avec les gens qu’on déteste le moins, avec ceux qui réussiront à nous faire sentir qu’on est pas seul”.

Deux courants sont présents dans une relation amoureuse:

            1. courant d’amour
            2. courant de haine

Officialiser une union peut-il la rendre plus harmonieuse?

  1. Se marier ou officialiser son union aux yeux de nos proches, en assure la pérénité et risque de maintenir cette union de façon plus solide dans le temps. L’humain a besoin de rituels pour s’enraciner, le mariage en est un.   Le rituel n’est pas obligé d’être religieux ou civil; Nicole Marcil Gratton (2005),  constate que l’important est qu’il soit manifesté devant nos proches.  Nos proches agissent comme un élément de rappel à l’ordre si nous sommes tentés de nous égarer.

  2. La précocité des relations sexuelles nuit au maintien et au développement du sentiment amoureux.  Plusieurs recherches démontrent qu’il est souhaitable de  courtiser, de semer le désir et d’éviter de consommer rapidement. Des frequentations afin d’apprendre à connaître l’autre.

Le premier ingrédient essentiel pour développer un sentiment amoureux est  la présence de  reconnaissance de la part de l’autre; c’est une nourriture affective première de l’individu, ressentir qu’il est reconnu par l’autre et ce de façon mutuelle.(Cyrulnik, B. 1993, 2002).


LES ÉLÉMENTS FAVORISANT UNE SAINE  RELATION DE COUPLE

  • L’engagement avec l’autre partenaire :

Il concrétise le principe de monogamie et de la fidélité. Cet engagement lorsque mal respecté, vient détruire dans toute sa dimension ce sentiment de confiance réciproque indispensable à la réalisation de la fusion.  La série de mythes, rituels : gestes, regards, « petits mots », plaisanteries à usage privé, allusions etc.

  • L’engagement social :

Cet engagement va confirmer le précédent, c’est l’union officielle, Il vient rendre publique ou légale une décision qui avait été prise seulement à deux.  C’est donc, la confirmation officielle de leur décision et elle vient leur donner un cadre de fonctionnement.  L’obtention d’une reconnaissance par le monde extérieur (amis, famille, travail…).

Les comportements que je verrai apparaître seront :

  1. Je consacre du temps à l’autre
  2. Présence de gestes ayant pour but de faire plaisir à l’autre
  3. Je ressens que nous répondons mutuellement à nos besoins affectifs avec des initiatives
  4. Il y a présence de temps avec mes amis (es), ma famille, et ce, sans mon/ma partenaire.

TROIS PRINCIPES  DE BASE : pour qu’un couple maintienne son engagement

1 - LE PRINCIPE DE DÉLIMITATION

Il s’agit de la capacité des membres du couple de délimiter des frontières à l’égard de l’extérieur et aussi en ce qui concerne sa vie intérieur. Dans une relation à deux, jusqu’à quel point peut-on être près l’un de l’autre sans renoncer à soi-même ? Jusqu’à quel point un couple devrait-il se délimiter vis-à-vis de l’extérieur ?

  • Des frontières saines : La relation entre les deux membres du couple doit se différencier nettement de toute autre relation entre deux partenaires.  Le couple doit être clairement délimitée à l’égard de l’extérieur, les partenaires doivent sentir qu’ils forment un couple, revendiquer l’un pour l’autre un lieu et un temps propre, avoir une vie conjugale qui leur soit personnelle.
  • Il ne faut surtout pas que les partenaires renoncent à être différents.  Ils doivent respecter entre eux des frontières nettes et souples.

Exemples néfastes :

  • couple fusionnel: maintien infranchissable des frontières du couple vers l’extérieur. Normal au début des fréquentations mais pas après quelques mois.
  • Couple rigide: redoute l’intimité, on se rattache aux enfants, aux amis (es), à ses parents etc.

2 - PRINCIPE DE DÉMONTRER SES CAPACITÉS À PRENDRE EN CHARGE ET DE SE LAISSER PRENDRE EN CHARGE

Il y a beaucoup d’ambivalence dans une relation à deux, correspondant d’une part à la régression, au besoin de revenir à l’enfance, et d’autre part à la progression vers un comportement « adulte ». Aucune relation humaine n’est aussi proche de l’intimité entre le petit enfant et ses parents que la relation conjugale. Aucune relation ne procure une satisfaction aussi complète des besoins élémentaires d’unification, d’appartenance de l’un à l’autre, de soins, de sollicitude, de protection et de dépendance.  Car le comportement de deux amoureux est semblable, à bien des égards, au développement de l’attachement  de la mère et de l’enfant.

Cette position d’attente régressive peut être signe d’un trouble de personnalité ou de santé mentale ou d’un problème non résolu. Certains membres inclinent vers la position trop adulte et exige trop d’eux-mêmes : ils évitent tout comportement qui pourraient être interprété comme infantile et faible. Ils s’obligent ainsi à des attitudes de force, de maturité, d’autorité, de maîtrise des émotions.  Mais leur besoin d’assumer une telle mission ne procède pas d’une force et d’une maturité authentique : c’est une tentative pour surmonter leur faiblesse, leur infantilisme, pour les surcompenser et parvenir ainsi de force à la maturité adulte (les comportements agressifs, violents, etc.).

 3 - PRINCIPE D ’ÉQUILIBRE DES VALEURS

Avoir le sentiment d’avoir  la même valeur. Peu importe le travail ou le statut que l’on a socialement ou professionnellement.  L’un et l’autre participe à l’épanouissement du partenaire. Il n’est pas ici question de confondre avec les termes de dominant ou de soumission, car à première vue l’un peut apparaître effectivement comme dominant ou soumis alors que dans la globalité de la relation : la domination et la soumission sont partagée dépendamment des secteurs de vie.

Au-delà de certains concepts théoriques, j’ose demander, à vous lecteur :

Au fond que cherchons-nous dans une relation amoureuse ?

Peut-être simplement trouver notre place, se faire un coin puis s’installer,
Bâtir quelque chose avec nos sentiments, un décor, une place qui nous ressemble.
Avoir un toit au dessus de nos têtes.
Avoir un toit au dessus de nos cœurs.
Un endroit qui respecte nos valeurs.
Un espace protégé ; protégé de qui et de quoi ? 
Protégé de l’extérieur, protégé des autres.
Un espace où on est accepté tel que l’on est,
avec nos comportements infantiles et d’adultes.
Des yeux rassurants posés sur soi et qui nous disent :
« Je prends ce que tu es, tel que tu oses me l’offrir ».
Un espace où une épaule s’offre pour y déposer sa tête.  Un être qu’on peut chercher la nuit ; en dessous des draps et qui nous confirme.
« Je prends ce que tu es, tel que tu oses me l’offrir ».  Je prends …
Tes peurs
Tes craintes
Tes désirs
Tes peines
Tes angoisses
Ton immense chagrin
Ta confusion
Ton bonheur
Ton rire
Ton sourire
Tes yeux
Ton amour
Pour arrêter trois minutes d’être tout seul.
Arrêter d’être seul
Juste arrêter d’être tout seul.

Au fond que cherchons-nous dans la vie ?

Peut-être trouver simplement notre place, se faire un coin puis s’installer.
Bâtir quelque chose de nos mains, de nos âmes, un décor, une vie qui nous ressemble. Et savoir que je suis important pour quelqu’un et que l’autre l’ait tout autant pour moi.

Bertrand Dubé
Psychoéducateur et
Thérapeute conjugal & familial
Centre professionnel de services psychosociaux

BIBLIOGRAPHIE

Cyrulnik,B. (2006). De corps et d’âme. Ed.tions Odile Jacob.
Duret, Pascal (2007). Le couple face au temps.  Editions Armand Colin.
Fleet, Richard (2000). La séduction, vérités et mensonges.  Éditions Libre expression.
Langis, Pierre (2003). L’amour et le couple : Psychologie des relations
Intimes. Editions du Méridien.
Neuburger, Robert (2000) Les territoires de l'intime, l'individu, le couple, la famille. Odile Jacob.
Marcil-Gratton, Nicole, Céline LE BOURDAIS et Évelyne LAPIERRE-ADAMCYK, avec la collaboration de Paul-Marie HUOT. (2002). "Le couple, section II. Les ruptures parentales dans la vie des tout-petits : un premier regard", dans Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ 1998-2002). De la naissance à 29 mois. Québec, Institut de la statistique du Québec, collection "La santé et le bien-être", vol. 2, no 11 : 33-65.
Pasini, Willi (1995) A quoi sert le couple ? odile Jacob.
Willi, Jürg (1982) La relation de couple. Delachaux & Nestlé.

- Accueil | Articles | Services | Notre équipe | Liens -

© SIL 2010